Déremboursement de l’homéopathie : les mutuelles vont devoir gérer les pots cassés !

La prise en charge financière par l’Assurance maladie de l’homéopathie est passée de 30% à 15% depuis le 1er janvier 2020. À partir du 1er janvier 2021, ce taux tombera à zéro. Les mutuelles, mises fortement à contribution en 2020, continueront-elles à jouer le jeu en 2021 ? Rien n’est moins sûr.

 

Conformément à une décision d’Agnès Buzyn, en juin 2019, l’homéopathie n’est plus remboursée par la Sécurité sociale qu’à hauteur de 15% depuis le 1er janvier 2020, contre 30% auparavant. À partir du 1er janvier 2021, c’est la totalité des traitements homéopathiques qui ne seront plus pris en charge. Une situation qui risque de peser lourd sur le porte-monnaie des patients.

Un Français sur dix concerné

Aujourd’hui, lorsqu’un patient récupère les médicaments homéopathiques prescrits par son médecin chez le pharmacien, il n’a pratiquement rien à payer de sa poche. Le différentiel après intervention de la Sécurité sociale est le plus souvent pris en charge par sa mutuelle (le reste à charge ou tiers-payant). Ainsi, pour un médicament remboursé à 15%, le reste à charge pour la complémentaire santé est de 85%. Un exemple concret : si le médecin prescrit un médicament homéopathique coutant 2,5 euros, la sécurité sociale prend en charge 15 %, soit 0,37 euros. Montant supérieur à la franchise de 50 centimes qui est due par chaque assuré du régime général. Il reste donc à régler 2 euros. Ils sont actuellement quasi systématiquement pris en charge par les mutuelles. Qu’adviendra-t-il demain ? Il faudra sûrement ajouter quelques centimes d’euros du fait de la hausse des prix, liée à la fois à un changement du taux de TVA (elle passera de 2,10% à 10 %) et à la libéralisation des prix qui ne seront plus encadrés. C’est donc une pilule dure à avaler pour 76% des Français qui sont attachés à l’homéopathie.

 

248 millions d’euros déboursés par les complémentaires santé pour compléter la Sécurité sociale en 2018

En 2020, les complémentaires santé ont continué de proposer le remboursement de l’homéopathie à leurs assurés. Selon la Mutualité Française, qui représente 650 mutuelles en France, les complémentaires ont déboursé en 2018 pas moins de 248 millions d’euros pour compléter la prise en charge de la Sécurité sociale. Un chiffre qui sera logiquement en augmentation en 2020. Avant la grande inconnue en 2021…

 

L’assuré doit s’attendre à une hausse de sa cotisation 

A partir du 1er janvier 2021, le taux de remboursement de l’homéopathie tombera à zéro, si l’on se réfère au calendrier du gouvernement. Ce déremboursement total pose la question du positionnement des mutuelles. Continueront-elles à rembourser l’homéopathie ? Dans quel cadre et avec quelles limites ?

On peut s’attendre à ce que les mutuelles choisissent d’intégrer l’homéopathie dans un panier de prestations forfaitaires « médecines douces » ou « bien-être », au même titre que diverses médecines complémentaires non remboursées par l’Assurance maladie comme l’ostéopathie, l’acupuncture ou l’hypnose.

Dans cette configuration, les mutuelles pourront rembourser les médicaments homéopathiques à hauteur d’un pourcentage défini. Mais, cela aura probablement un surcoût pour l’usager, qui devra prévoir une hausse de sa cotisation. Or, les Français déboursent déjà en moyenne 250 à 300 euros par an pour leur complémentaire santé, d’après une récente étude de l’UFC-Que Choisir. Ce tarif atteint facilement 2500 ou 3000 euros pour les seniors. L’association prévoit même une « inflation médiane de  5% par des complémentaires santé. Et le déremboursement de l’homéopathie ne va pas arranger les chose. Une perspective qui n’enchante guère…

 

Face à cette complexification administrative et à ces augmentations de prix, le Collectif SafeMed fera tout son possible pour porter la voix des patients auprès des institutions pour continuer à défendre le remboursement de l’homéopathie.

Afin de souligner son attachement et son besoin essentiel au remboursement de cette médecine, chaque adhérents peut, dès à présent, prendre contact auprès de sa mutuelle afin de lui demander un soutien financier dans la prise en charge de l’homéopathie et des médecines naturelles.

C’est ensemble que nous parviendrons à faire revenir le gouvernement sur sa décision et ainsi à pouvoir garantir notre liberté de choix dans notre manière de nous soigner.

Par SafeMed

Collectif de patients et professionnels de santé pour une médecine intégrative.