Débat sur l’homéopathie : preuve scientifique vs expérience médicale

France 3 a consacré mercredi dernier (16 octobre 2019) un reportage sur le débat portant sur le déremboursement de l’homéopathie. Un sujet qui a déchiré la communauté médicale ces derniers mois. Le reportage, en forme de bilan, présente deux visions irréconciliables : celles de certains médecins, privilégiant la preuve scientifique sur toute autre considération, et celle des usagers de l’homéopathie et des médecins homéopathes, pour qui l’expérience médicale atteste de l’efficacité et du service médical rendu de cette thérapeutique.

C’est le collectif #Fakemed qui avait mis le feu aux poudres en début d’année 2019 au travers d’une pétition pour le déremboursement de l’homéopathie. Un collectif de médecins et de professionnels de santé pour qui aucune preuve scientifique ne démontrait l’efficacité de l’homéopathie qui, par conséquence, ne pouvait pas être considérée comme une pratique médicale, et que le gouvernement devait dérembourser. Ce qui sera chose faite au terme d’un débat houleux de plusieurs mois.

Un débat qui a laissé des traces du côté des médecins homéopathes et des nombreux professionnels de santé prescrivant cette thérapeutique à leurs patients. Les équipes de France 3 sont parties à la rencontre de ces femmes et de ces hommes qui se sont retrouvés au milieu d’un maelström médiatique qu’ils n’avaient pas anticipé… et qui n’a pourtant pas remis en cause leurs convictions et une vision alternative de la santé.

Si Dominique Ginsbach, une sage-femme à Plaisance-du-Touch, près de Toulouse, reconnait avoir été ébranlée par la violence des attaques de certains médecins en se demandant : « Si je prescris de l’homéopathie, est-ce que je passe pour un charlatan ? » Elle a continué à prescrire des traitements homéopathiques, parce qu’ils sont sans effets secondaires d’abord, et ensuite et surtout parce que ses patients n’ont jamais perdu confiance en l’homéopathie.

Même son de cloche pour François Roux, un pharmacien qui affirme qu’il voit « tous les jours des clients-patients qui me demandent des conseils en homéopathie. Nier son existence, ce n’est pas possible ». Une façon de dénoncer le sectarisme et les idées préconçues de certains médecins, mais aussi de défendre l’homéopathie comme une médecine de support, notamment pour aider les patients atteints de cancer à mieux supporter la chimiothérapie. « Se dire qu’on va priver nos patients de ce confort, ça me met en colère », conclut François Roux.

Plus que le déremboursement en lui-même, c’est d’ailleurs le mépris de certains confrères qui irrite Dominique Hornus, médecin-anesthésiste à Toulouse et diplômée d’homéopathie. « C’est une attaque indécente, inélégante et méprisante. C’est gravissime de la part de soi-disant confrères. Moi, j’y tiens à mon titre de médecin, j’en suis fière ! ».

Par SafeMed

Collectif de patients et professionnels de santé pour une médecine intégrative.