Le mari d’une Secrétaire d’Etat parmi les trolls anti-homéopathie

C’est ce qu’on appelle un mélange des genres pour le moins embarrassant. A l’heure où le gouvernement doit trancher la question du déremboursement des traitements homéopathiques, un des meneurs du mouvement anti-homéopathie n’est autre que Mathias Wargon, médecin urgentiste et mari de la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Emmanuelle Wargon. De quoi poser des questions sur l’impartialité gouvernementale dans ce dossier ultra-sensible.

A l’origine du débat autour de l’homéopathie qui secoue le monde médical français depuis quelques mois, on retrouve un groupuscule de jeunes médecins, la foi scientiste chevillée au corps et pour lesquels rien n’existe au-delà des phénomènes démontrés. Ce groupuscule, baptisé FakeMed, s’est donné pour mission de dénigrer médiatiquement l’homéopathie et de lui dénier toute efficacité.

Ce collectif n’a ni chef, ni leader visible. C’est une armée virtuelle de trolls scientistes. Pourtant, à y regarder de plus près, on peut identifier parmi eux des personnalités aux profils déroutants. C’est notamment le cas de Mathias Wargon, que les journalistes ont identifié comme le créateur du hashtag #monharibomonchoix, l’un des plus utilisés par les Fakemed pour ridiculiser l’homéopathie.

A l’image de Mathias Wargon, ces jeunes médecins, très sûrs d’eux, mélangent allègrement clashs sur les réseaux sociaux et débats scientifiques. Pas l’idéal pour un dialogue constructif et approfondi, mais des méthodes qui sont hélas celles de notre époque. En revanche, le fait que le mouvement Fakemed soit piloté par le mari d’une ministre pose des problèmes éthiques d’un tout autre ordre.

Les dés seraient-ils pipés d’avance dans le pseudo-débat autour de l’homéopathie ? Le gouvernement a-t-il une bonne fois pour toutes pris fait et causes pour les grands laboratoires pharmaceutiques ? Peut-on voir dans cette situation un conflit d’intérêt ? On sait que les réglementations en la matière se sont durcies (à juste titre) ces dernières années pour éviter des tripatouillages oligarchiques où les partenaires des ministres se transforment en agents d’influence.

Emmanuelle Wargon, Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, ne se pose-t-elle pas de son côté quelques questions sur la nocivité et la toxicité des médicaments conventionnels, dont l’impact catastrophique sur l’environnement a pourtant suffisamment été démontré ? Peut-être pourrait-elle suggérer à son mari de changer de slogan et de se ranger franchement derrière le hashtag #monlabomonchoix ? Quitte à défendre une industrie qui fait de la santé un business, autant y aller jusqu’au bout…

Par SafeMed

Collectif de patients et professionnels de santé pour une médecine intégrative.