Lu sur Le Quotidien du Médecin : la fin d’une certaine médecine et de ses valeurs humaines !

« La fin d’un tabou » ? Pourquoi ces pudeurs d’observateurs apparemment « neutres » et sans opinion ? Pourquoi ne pas parler de la fin programmée et annoncée, voulue et promue d’une certaine médecine ? Et de ses valeurs humaines ? Et pour des raisons purement politiques et idéologiques d’une caste dominante, dont la puissance ne vient que de la servilité entretenue de citoyens aveuglés volontairement pour mieux les contrôler ?

Pourquoi ne pas comprendre – et dire – que tous ces avis (« doctes ») sur la rémunération ne sont exposés que par des « experts » en économie et non pas en souffrance humaine et en maladies (qui existent encore, faut-il vraiment le rappeler ? : on meurt encore « précocement », en France, de maladies aiguës ou de blessures imprévues).

Mise à mort programmée

Pourquoi ne pas voir que, parallèlement à la mise à mort de la ( vraie) médecine humaine et indépendante (avec tous ses défauts incontestables…), est apparue une floraison d’activités parallèles « non scientifiques » ( donc considérées comme « non remboursables » par le clergé de la Sécurité sociale), mais qui sont incontestablement des soins de plus en plus recherchés, (et avant tout par les mêmes bourreaux de la médecine ancestrale) et qui sont rémunérés – directement et sans remboursement – à hauteur de la qualité de la relation humaine qu’ils comportent, mais aussi d’une efficacité ressentie non quantifiable ? Homéopathie, médecines douces, psychologie clinique, ostéopathie, étiopathie, hypnose médicale, etc….n’ont jamais eu autant de succès, alors qu’on s’acharne à formater des médecins soi-disant « scientifiques », comme on cherche des vendeurs dans la grande distribution, en leur offrant des avantages matériels pour faire un métier « comme les autres », décharné, vidé par gouvernance de tout sens humain et relationnel valorisant…

La corporation médicale est éclatée, de plus en plus inculte, ignorante de son histoire fondatrice universelle et de ses valeurs humaines structurantes, formatée dans des filières « utilitaires », et n’a plus aucune cohésion que la conjonction éventuelle d’intérêts contingents et matériels…

Dans ce contexte, la disparition (encore une fois programmée, organisée et non pas « naturelle… ») du paiement à l’acte n’est que le point d’orgue d’une politique promue par une certaine caste de la société, visant à faire disparaître toute autonomie des professionnels, au profit des « organisateurs », des managers, pour qui la valeur de tout professionnel ne se comprend qu’en termes de production quantifiable…

La médecine était un art ? Elle est devenue, par injonction politique et idéologique et par la lâcheté d’une servitude volontaire d’agents pseudo-médicaux démotivés mais anxieux pour leur survie consumériste de loisirs et de satisfaction de désirs immédiats tarifés, un service de grande distribution d’actes procédurés et bientôt totalement numérisés, selon des principes tayloristes de rendement en entreprise marchande… L’éthique déontologique se veut maintenant « utilitaire », le médecin est non plus au service prioritaire de son patient, mais de la santé publique et de ses priorités politiques et collectives…

Vouloir le « bien » du patient, être humain largement affaibli et vulnérable quand il est atteint par la souffrance et en quête de guérison ou de soulagement, est volontairement stigmatisé comme ringard, obsolète aux yeux des décideurs bien portants qui organisent cette progressive descente aux enfers…

Chercher à être « honoré » est devenu suspect

Ce n’est pas le paiement à l’acte qui est visé, c’est la notion d’honoraires… Chercher à être « honoré » à titre personnel, pour le service rendu et la compassion ressentie et manifestée (et non pas l’empathie déstabilisante), est devenu une attitude suspecte d’un « paternalisme » inadmissible, aux yeux d’idéologues de la pensée unique, qui sont obsédés par une conception totalitaire de l’égalité, qui n’ont toujours pas compris qu’il existe une pulsion altruiste dans la recherche de certains pouvoirs et que tout pouvoir n’est pas toujours source d’oppression et d’aliénation destructrice, mais peut être aussi échange d’émotions « enrichissantes », valorisantes, même si elles ne sont pas monétisées.

Les principes contenus dans la parabole philosophique du « maître et de l’esclave » peuvent s’appliquer sans modération à la relation médecin-malade, quand celle-ci n’est pas polluée par des critères purement économiques ou juridiques de « droits et de devoirs ». Le médecin — désormais « agent de santé publique » — n’est désormais plus « honoré » pour un acte libre et personnel dans un contrat intuitu personae, mais payé par l’État pour exercer une fonction définie par une fiche de poste, qui prévoira aussi les « risques socio-professionnels » qui y sont liés… Car être au contact de malades sera bientôt considéré comme un « risque professionnel » susceptible de dégénérer en maladie professionnelle inscrite sous une rubrique spécifique au tableau général… et la prévention de ce « burn-out » pourra passer par la télémédecine à horaires fixes et modulables pour les plus fragiles…

Le médecin n’est donc plus engagé personnellement avec le patient dans un dialogue des consciences, mais fait partie d’une équipe aux membres interchangeables et anonymisés, bientôt virtuels… Il n’y a plus de malades à soigner, mais des « citoyens responsables qui s’adressent à un système public de santé » ( rapport Cerreti 2012 sur 10 ans de loi sur les droits des patients) pour faire réparer cette injustice sociale qu’est devenue la maladie… Incessamment, on leur proposera d’ailleurs, dans une prise en charge 4P ( prédictive, personnalisée, préventive et participative) un programme de re-certification, de reprogrammation génétique, d’abord volontaire, puis obligatoire… par devoir civique… La prévention doit – in fine — coûter moins cher à la société que le traitement curatif des addictions ou des risques inhérents au simple exercice de la liberté…

Et que devient le secret médical ?

Il n’y a plus de secret médical, autrefois réservé au médecin qui a prêté le serment ancestral d’un silence absolu, mais un partage de « données personnelles », non pas entre les seuls acteurs de soins physiques et psychiques, dont – accessoirement – un pseudo-médecin qui doit avant tout rendre compte à l’État de son action pour économiser les finances publiques, mais aussi avec des « acteurs sociaux ». Bref… tout le monde dans le cercle d’existence d’un citoyen… Les « réseaux sociaux » et leur cercle « d’amis » seront, bien entendu, bientôt considérés comme essentiels au soutien psychologique du citoyen fragilisé momentanément par un risque – réalisé-socio-professionnel. Et les données intimes de santé de chacun seront beaucoup moins protégées que ne le sont (déjà) leurs données bancaires !!

Par SafeMed

Collectif de patients et professionnels de santé pour une médecine intégrative.