Déremboursement de l’homéopathie : la fausse bonne idée qui coûterait cher à la Sécu

Certains médecins ont décidé de partir en guerre contre l’homéopathie. Parce que l’homéopathie ne répond pas aux canons scientistes de médicaments moléculaires, elle serait inefficace… et devrait par conséquent être déremboursée. Une fausse bonne idée qui nuirait non seulement aux patients, mais également aux caisses de la sécurité sociale. Explications.

Commençons par le commencement. Tous les médicaments homéopathiques ne sont pas remboursés. Et ceux qui le sont, ne le sont que partiellement, à hauteur de 30%. Du coup, et malgré le fait que plus de la moitié des Français y aient recours, l’homéopathie ne représente que 0,29%(1) des remboursements de médicaments.

On le voit d’emblée, les économies escomptées par les anti-homéopathies sont maigres. Dérisoires même. Mais il ne s’agit là que de la partie immergée de l’iceberg. Car non seulement l’homéopathie ne représente pas un coût significatif pour l’Assurance maladie, mais elle permet de réduire de manière significative la consommation d’autres médicaments.

Selon l’étude EPI 3 Laser, la plus vaste étude jamais menée sur l’homéopathie (avec plus de 8.000 patients et 800 médecins participants), les patients suivis par un médecin homéopathe consomment en moyenne deux fois moins d’antibiotiques(2), deux fois moins d’anti-inflammatoires(3) et trois fois moins de psychotropes(2). Le tout avec une efficacité équivalente.

Les conclusions de ces recherches sont sans appel. Un patient pris en charge par un médecin homéopathe coûte, à niveau de sévérité égal, 35% de moins à l’Assurance maladie qu’un patient classique grâce à la diminution des prescriptions. Des économies substantielles qui doivent être mises en perspective avec les gains espérés d’un déremboursement.

En fait, les économies réalisées par le déremboursement de l’homéopathie seraient annulées dès seulement 10% des reports de prescription vers d’autres médicaments qui sont généralement plus chers et ayant des effets indésirables potentiels contrairement à l’homéopathie.

Car pour comprendre la bataille autour de l’homéopathie, il faut également sortir des seuls calculs financiers (que souhaitent imposer les anti-homéopathies et les grands laboratoires pharmaceutiques). Aujourd’hui, et malgré le battage médiatique des opposants, plus de la moitié des Français font régulièrement confiance à l’homéopathie (77% des Français(4) y ayant déjà eu recours).

Pourquoi une telle confiance ? Parce que c’est efficace et que, génération après génération, l’homéopathie offre des solutions efficaces et non toxiques à des affections courantes et permet de se soigner sans se gaver de molécules et de principes actifs. Et les patients ne sont pas les seuls convaincus : un quart des médecins généralistes et trois-quarts des sages-femmes en prescrivent.

  1. DREES. Les dépenses de santé en 2016 pour la sécurité sociale. ISSN[en ligne]:2553-1182. DICOM, 2017. Disponible sur : <https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/cns_2017.pdf> (consulté le 28.02.2019).
  2. Grimaldi-Bensouda L et al. PLoS One. 2014 Mar 19;9(3):e89990. OR (IC 95%) [0,27-0,68]. Dans les infections des voies aériennes supérieures.
  3. Rossignol M et al. Pharmacoepidemiol Drug Saf. 2012 Oct;21(10):1093-101. OR (IC 95%) [0,38-0,78]. Dans les douleurs musculo-squelettiques.
  4. IPSOS. Sondage « Les Français et l’homéopathie », oct 2018

Par SafeMed

Collectif de patients et professionnels de santé pour une médecine intégrative.