L’homéopathie, victime collatérale du malaise de jeunes médecins ?

Les récentes campagnes à charge contre l’homéopathie ont essentiellement été menées par de jeunes médecins en début de carrière. Les mêmes qui sont directement impactés par le durcissement de leurs conditions de travail. Faut-il y voir une coïncidence ou l’expression de frustrations dont l’homéopathie ne serait que la victime collatérale ?

La médecine généraliste est en déficit de praticiens. Le tarif conventionné des consultations est jugé trop faible, et les médecins sont assommés de tâches administratives. Autant de raisons qui causent depuis de nombreuses années un malaise grandissant et une perte d’attractivité pour cette filière pourtant qualifiée de « premier recours » pour les patients.

C’est dans ce contexte troublé, et à l’initiative de cette même génération de jeunes praticiens, qu’a éclos ces derniers mois une campagne hostile à l’homéopathie. Les anti-homéopathes veulent à tout prix opposer une médecine allopathe scientifique et rigoureuse à l’homéopathie, qu’ils jugent inopérante car ses mécanismes d’action n’ont pas été démontrés scientifiquement.

Cette opposition radicale et caricaturale, entre médecine conventionnelle et une thérapeutique adoptée par plus de la moitié des Français (et prescrite par plus de 3 médecins généralistes français sur 4), et qui a démontré son efficacité dans le traitement et le soulagement de nombreuses pathologies depuis plus d’un siècle, est effectivement récente.

Les médecins généralistes des précédentes générations, et notamment ceux plus expérimentés qui exercent toujours, n’ont pas tiré de conclusions aussi hâtives et aussi binaires au sujet de l’homéopathie. Au contraire, depuis des générations, des médecins généralistes conventionnels prescrivent des médicaments homéopathiques dans certains cas, car ils ont observé par eux-mêmes leurs effets positifs.

Il est dommage de voir aujourd’hui le sectarisme d’une génération de médecins qui s’opposent à l’homéopathie pour des raisons purement idéologiques, et ce sans chercher à comprendre le service rendu de cette thérapeutique, ni même à demander conseil à leurs confrères et consœurs qui prescrivent des granules homéopathiques à leurs patients.
La mise au pilori systématique de l’homéopathie durant les études médicales n’est sans doute pas non plus étrangère à cet ostracisme.

L’homéopathie qui, rappelons-le, est une médecine complémentaire qui a largement fait ses preuves de manière empirique, ne doit pas être le bouc-émissaire du malaise et du mal-être des jeunes médecins conventionnels. Le temps leur enseignera peut-être la sagesse et le sens du dialogue au-delà des certitudes figées.

Par SafeMed

Collectif de patients et professionnels de santé pour une médecine intégrative.