« Vous êtes allergiques aux dérivés soufrés et sulfureux ! »

Claude Boucton : Je suis arrivé à Boult en mars 2007. Je suis alors âgé de 70 ans. J’ai vécu à Cloyes sur Marne pendant 32 ans, à 100m de la Marne, au milieu de centaines d’hectares de gravières. Autant dire que je ne suis pas sensible au brouillard ni à l’humidité.
De ma vie je n’ai eu de troubles pulmonaires, respiratoires, rhino-pharyngés.

En décembre 2007, le Dr Barthe demande un contrôle sanguin de routine. Rien à signaler, y compris au niveau des éosinophiles dont le taux est de 260 (un taux supérieur à 500 signe une allergie).

En septembre 2008, je souffre de quintes de toux, des crises asthmatiformes, de sinusites. Je consulte le médecin qui ordonne une analyse de sang qui révèle une allergie (éosinophiles à 593). Consultation d’un spécialiste pneumologue-allergologue. Les tests cutanés (45) sont négatifs. Il demande des tests sanguins effectués par l’institut Pasteur (29), tous négatifs. Bref, je suis allergique, mais on ne sait pas à quoi !
On entame un traitement lourd à base de corticoïdes, sous différentes formes.

Les années 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016 (jusqu’en août) se passent avec des périodes plus ou moins difficiles (cf. analyses sanguines).

En décembre 2012, l’infection des sinus est telle que le pneumologue m’envoie chez l’oto-rhino. J’ai, en plus de l’infection, perdu l’odorat et le goût. L’oto-rhino fait contrôler l’absence de polypes par scanner, adapte le traitement. Le goût et l’odorat reviennent partiellement au bout de 6 mois.

Depuis 2012, je vis dans l’alternance de phases plus ou moins aiguës : toux, étouffements, infections sévères des sinus, pertes répétées du goût et de l’odorat.

En août 2016, je subis la pire crise. Le peu de goût et d’odorat qui me restaient disparaissent. Je me sens très mal, je tremble en permanence, je n’arrive plus à écrire, je me dis que je suis en train de m’empoisonner.

Je décide de consulter un homéopathe, j’arrête net toutes les prises de corticoïdes, d’aérosols, d’antihistaminiques, d’antibiotiques. Le traitement homéopathique pour 3 mois améliore légèrement la situation. Au bout de ces trois mois, l’homéopathe ajuste le traitement en fonction de ce que je lui dis de mes réactions.

3 mois après, nouvelle consultation. Depuis que je suis malade ici, je suis persuadé que les « puanteurs » de Bazancourt, étant forcément les véhicules de molécules chimiques, sont à l’origine de mes maux. Je cherche sur le net une documentation qui pourrait étayer mes soupçons. Je trouve, émanant de la DREAL Champagne Ardenne, la liste des polluants émis par le pôle industriel de Bazancourt. Je donne cette liste au médecin qui, en la lisant, s’exclame : « plus la peine de chercher, vous êtes allergiques aux dérivés soufrés et sulfureux ! ». Depuis, j’ai 3 tubes de prescription homéopathique. Plus de toux, plus d’étouffements, le souffle est revenu, le taux d’éosinophiles est acceptable, mais toujours une grande sensibilité au niveau des sinus, et toujours ni goût ni odorat…

Par Claude Boucton

Patiente, Boulte sur Suippe